La crise au Sahel a engendré depuis 2021 des flux importants de réfugiés et de demandeurs d’asile en Afrique de l’Ouest.
En provenance du Burkina Faso vers le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Ghana, ces réfugiés et déplacés internes vivent dans des conditions précaires et font souvent face à des difficultés d’accueil en raison des défis sécuritaires pour les pays. Les gouvernements des pays concernés se sont retrouvés les 3 et 4 juillet 2025 à Lomé dans le cadre d’un dialogue régional avec l’appui des partenaires dont les Nations Unies, pour plancher sur la sécurité de ces réfugiés et déplacés afin d’envisager des pistes de solutions durables.
Un déplacement forcé massif
Selon le HCR, les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest, en particulier la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Benin, avaient accueilli 185 000 réfugiés au 31 mai 2025. Au Togo, selon le programme d’urgence pour la résilience et la sécurité des communautés (PURS), en mai 2025, 59 459 personnes ont été déplacées sur le territoire togolais. Parmi elles, 49 288sont des réfugiés et demandeurs d’asile, tandis que 10 171 sont des déplacés internes. 60% des réfugiés sont des mineurs. La région des Savanes, vu sa proximité avec le Burkina Faso, enregistre 47 réfugiés et demandeurs d’asile.
Le nouveau rapport d’évaluation multisectorielle des besoins validé le 03 juin 2025 dans le cadre du PURS dresse un tableau préoccupant: plus de deux tiers des ménages déplacés présentent une consommation alimentaire inadéquate, des infrastructures de santé, d’éducation et d’accès à l’eau insuffisantes dans les zones d’accueil et des communautés hôtes qui subissent une pression croissante sur leurs ressources, créant des tensions latentes.
Ramatou Ouedraogo 31 ans, mère de six enfants, a fui son village dans le nord du Burkina Faso depuis mars 2024 en raison d'attaques menées par des groupes armés. Elle a trouvé refuge à Timbou, dans la préfecture de Cinkassé. “C’est suite à une attaque que nous sommes venus ici. L’attaque a eu lieu un matin vers 6h du matin. Les assaillants ont surpris les habitants du village et les ont tués, ils n’ont épargné quasiment personne. Plus de 200 personnes dont des nourrissons, enfants, personnes âgées, femmes enceintes, ont été tuées. C’est ce qui nous a poussé à fuir pour venir au Togo ", témoigne -t-elle
Adama Malkouma a 45 ans. Il est venu de Yoabiguin, dans la région du centre-est du Burkina Faso. Contraint à l’exil par les attaques djihadistes dans son pays, il a quitté son village avec ses deux épouses et leurs dix enfants. Après une brève escale dans le village de Timbou, ils ont finalement trouvé refuge à N’gambi, dans l’Oti-Sud, où ils tentent de reconstruire leur vie.
Comme Adama et Ramatou, Koumeto Diyoba et sa femme ont quitté Diakarga, dans le Koulpélogo (à la frontière), il y a cinq mois et se sontretrouvés dans l’Oti-Sud. « Le 4 février dernier, notre village a été attaqué et il y a eu dix morts et plusieurs blessés. Les autres membres de la famille se sont réfugiés dans un village togolais près de la frontière. Je ne peux pas les faire venir ici pour le moment. Je n’ai pas de chambre, et il n’y a pas d’eau pour construire une maison. On a une seule case », explique Koumeto.
Certains de ces réfugiés (dans l’Oti-Sud) reçoivent régulièrement de l’assistance humanitaire (vivres, semences, intrants, etc.) de la part de la Coordination nationale d’assistance aux réfugiés (CNAR) et des organisations humanitaires internationales. Le PURS, à travers le mécanisme Nexus (coordination humanitaire-développement-paix), propose une approche intégrée. Selon Coumba Sow, Coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Togo, les Nations Unies interagit étroitement avec les responsables du PURS afin de coordonner les efforts
pour comprendre et répondre efficacement aux défis auxquels sont confrontés les réfugiés, les déplacés internes et les populations d’accueil.
La première difficulté est celle de l’accueil des demandeurs d’asile sur la base du principe de non-refoulement alors même que les Etats d’accueil, au regard des arrivées massives et non contrôlées, craignent pour leur sécurité.
Des solutions impliquant différents pays
A cette question et à celle plus générale de la crise de déplacement forcé dans la région, les gouvernements togolais, béninois, ghanéen, ivoirien et burkinabè ont adopté et signé le 04 juillet 2025, la Déclaration de Lomé en vue d’une réponse régionale.
La Déclaration de Lomé résulte d’un processus de dialogue continue de plus d’un an entre les 5 pays sur des thématiques variées touchant aux déplacements forcés. Les travaux se sont déroulés sous la houlette du gouvernement togolais avec l’accompagnement technique du HCR.
Le Haut-Commissaire Assistant chargé des opérations du Haut-Commissariat pour les réfugiés, M. Raouf Mazou, s’est réjoui d’
un accord novateur prévoyant le renforcement du principe de non-refoulement, la mise en place de procédures simplifiées de reconnaissance du statut de réfugié et leur autonomisation par l’accès aux services essentiels .
Le Président de l’Assemblée nationale togolaise, M. Sevon-Tépé Kodjo Adedze, a félicité l’engagement des pays pour les droits des réfugiés notamment l’accès au territoire, aux documents d’identité et à des solutions durables. Il a salué le rôle des Nations Unies, garant du multilatéralisme et de la coopération internationale.
La déclaration de Lomé nous appelle à l’action. Qu’elle soit une flamme qui éclaire nos pas, un serment que nous portons dans nos cœurs et dans nos actes,
a-t-il exhorté.
Au nom du Secrétaire général des Nations Unies, Mme Barrie Freeman, Représentante spéciale adjointe du Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), a réaffirmé l’engagement des Nations Unies pour une meilleure sécurité humaine au profit des réfugiés et des populations d’accueil. « Nous réaffirmons notre engagement pour une meilleure sécurité humaine au profit des réfugiés et des populations d’accueil », a -t-elle déclaré.
Entités des Nations Unies impliquées dans cette initiative
HCR
Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
Objectifs poursuivis à travers cette initiative
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