80ème anniversaire: les Nations Unies offrent des services sociaux et sanitaires aux populations de Hédzranawoe
03 novembre 2025
Légende: Mesure de la taille d'une patiente
1945-2025. Née de la volonté de créer un monde meilleur après le chaos de la seconde guerre mondiale, l’ONU célèbre cette année son 85ème anniversaire.
Placée sous le thème « construisons notre avenir ensemble », cette célébration se veut une occasion de renouveler l’engagement de l’organisation en faveur de la paix, du développement durable, des droits humains et de l’action humanitaire dans le monde.
Pour marquer l’évènement au Togo, les agences des Nations Unies ont organisé une foire de services sociaux et sanitaires au marché de Hédzranawoé, deuxième plus grand marché du Togo. Les 24 et 25 octobre, les commerçantes et commerçants du marché et la population environnante ont bénéficié gratuitement des consultations médicales en santé sexuelle et reproductive, des consultations médicales en ophtalmologie, en soins bucco-dentaires, ainsi que des sensibilisations et dépistages de l’hypertension artérielle, du diabète, du VIH Sida, des cancers du sein et du col de l’utérus.
Légende: Lancement officielle de la foire
Ouverte officiellement par le ministre de la santé, de l’hygiène publique, de la couverture sanitaire universelle et des assurances, M. Jean-Marie Koffi Tessi et la Coordonnatrice Résidente des Nations Unies au Togo, Mme Coumba Sow, la foire a vu la participation des Représentants des différentes agences des Nations Unies, du préfet du Golfe, M. Kossivi Agbodan, ainsi que de l’adjoint au Maire de la Commune Golfe 2, M. Mazama-Esso Assiah.
Une initiative qui ravit les populations
Tôt le matin du vendredi 24 octobre, avant même l’arrivée des équipes soignantes, des hommes et surtout des femmes de tous âges ont pris d’assaut l’esplanade du marché de Hedzranawoe. Des tickets leur ont été distribués pour coordonner l’ordre de passage. Au fur et à mesure des prestations, la file d’attente devant chaque clinique mobile se rallongeait. Sous la tente de l’OMS, nous avons croisé Ayawa, 42 ans, revendeuse de tomates dans le marché. Elle venait de se faire contrôler la tension artérielle. Devant son air stressé en quittant le médecin, nous l’avons interpellée et elle nous explique que sa tension est élevée, chose qu’elle ignorait. « Heureusement que je suis venue. Ça coûte cher d’aller à l’hôpital et je n’ai pas toujours le temps avec le marché », explique-t-elle avec un sourire timide. Elle nous confie qu’elle va écouter et suivre les conseils sur la discipline alimentaire que prodiguaient des nutritionnistes présents sur place.
Plus loin, nous retrouvons Dzifa, 28 ans avec sa mère Biova et sa fille de 3 ans, Enam. Dzifa est revendeuse de mèches dans le marché. Elle a quitté son stand avec sa fille pour aller voir l’ophtalmologue. Sa mère perd progressivement la vue et elle voit dans cette campagne, l’opportunité de connaître les causes de ce déclin. Avant de se rendre à la clinique mobile d’ophtalmologie, Dzifa se dirige vers la crèche aménagée par l’UNICEF pour les tout-petits sur le site de la foire. « Cela va me permettre également de profiter des services offerts car Enam n’est pas habituée à la foule et ne va pas supporter tout le temps qu’il me faut pour les consultations ». Enam de son côté avait l’air soulagée et heureuse de retrouver ses petits camarades. Elle fit au revoir de sa petite main à sa maman avec un large sourire aux lèvres en se dirigeant vers l’assistante maternelle et ses petits congénères. Benedicte Tegnama, l’assistante maternelle qui accueillait Enam, explique toute joyeuse que «la crèche mobile les soulage vraiment. Elles attachent leur bébé au dos et se battent chaque jour pour le pain quotidien. Beaucoup n’ont juste pas les moyens de payer une crèche. Le budget étant trop serré ».
Légende: Une assistante maternelle s'occupant des enfants
Après une brève attente, Dzifa et sa mère consultent le Dr Yekple. Ce dernier leur explique que Biova souffre de cataracte et que la principale cause est l’âge. Il recommande un suivi qui pourrait aboutir à une opération. Dzifa de son côté ne souffre d’aucun problème. Biova avait l’air soulagée malgré le diagnostic car explique-t-elle, « j’ai l’impression qu’ils ne me croient pas quand je leur dis que mes yeux ont un souci ».
Légende: Consultation ophtalmologique
En passant devant la clinique dentaire, nous croisons Essohanam, une jeune étudiante de 20 ans, résidant dans le quartier. Elle était assise sous le hangar attendant son tour chez le médecin et mordait avec appétit dans le sandwich distribué à l’occasion. Lorsque nous lui demandons quelles analyses elle allait faire, elle répondit « tout », en rigolant. Son voisin, Joseph lui répondit qu’elle « va en avoir pour toute la journée ». Chose qui ne lui déplaisait visiblement par car elle lui rétorqua qu’elle « est venue pour ça ». « Depuis que j’ai appris l’initiative à la radio, j’ai décidé d’en profiter et vu que c’est gratuit, je m’attendais à ce qu’il y ait du monde », ajouta-t-elle.
Dr Mike Bintu, Conseiller en santé du PNUD explique que « c’est pour ça que nous avons étalé les consultations médicales sur deux jours. Nous savions qu’il y aurait du monde et ceux que nous n’aurons pas pu prendre en charge le 24 reviendront le 25 pour se faire consulter ».
Des poches de sang ont été également collectées pour le compte du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS.
Légende: Une patiente lors de sa prise de tension
Comme Ayawa, Dzifa, Essohanam ou Joseph, les populations et les revendeuses de Hedzranawoe ont répondu massivement à l’invitation des agences des Nations Unies.Pari gagné donc pour l’organisation qui renouvelle à travers cette foire son « engagement de rapprocher davantage les Nations Unies des populations et de créer des espaces de dialogue direct avec les communautés», comme l’a souligné la Coordonnatrice résidente dans son allocution à la cérémonie d’ouverture.