Histoire
21 septembre 2026
Les Nations Unies accompagnent les Etats engagés dans le dialogue de Lomé pour une réponse régionale coordonnée sur la sécurité nationale et la protection des réfugiés
Un an après l'adoption de la Déclaration de Lomé sur la sécurité nationale et la protection des réfugiés burkinabé accueillis au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Togo, le Dialogue de Lomé amorce à l’étape des actions concrètes. Au cours d’une rencontre tenue dans la capitale togolaise, le 11 septembre 2026, les ministres des pays d’accueil de ces réfugiés et du Burkina Faso, ont réaffirmé leur engagement à apporter une réponse concertée aux défis sécuritaires et humanitaires liés aux déplacements forcés de populations induits par la crise au Sahel. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les coordonnateurs résidents et représentants des agences du système des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur privé se sont mobilisés aux côtés des délégations étatiques réunies pour la recherche d’une solution durable à la situation. A l’issue des travaux, les Ministres des Etats présents ont réaffirmé le rôle central du Dialogue de Lomé comme cadre régional de concertation, de coopération et de renforcement de la confiance mutuelle permettant de promouvoir une réponse collective et coordonnée aux défis communs liés à la sécurité, aux déplacements forcés de populations et à la protection des réfugiés. Initié en 2024, le Dialogue de Lomé réuni le pays d'origine des réfugiés et les pays d'accueil, ainsi que des partenaires internationaux pour réfléchir et concilier les impératifs de sécurité nationale avec les obligations de protection des personnes déplacées forcées. D’après le HCR, à la fin de juillet 2026, ce sont plus de 239 000 réfugiés et demandeurs d'asile qui ont été recensés dans les pays concernés par le Dialogue. Dans l’exercice de son mandat, le HCR s’est positionné comme partenaire stratégique de ce dialogue qui s’inscrit pleinement dans l’ambition de l’initiative 50by35 du Haut-Commissaire pour les réfugiés. Pour Elizabeth Tan, Directrice de la Division de la protection internationale et des solutions du HCR, cette initiative viseà réduire de moitié d’ici à 2035, le nombre de réfugiés en situation de déplacement prolongé et dépendant de l’aide humanitaire.De nouveaux engagements pour des solutions durables alignées sur l’initiative 50by35La mise en œuvre de la Déclaration de Lomé élaborée en juillet 2025, a enregistré des progrès significatifs en termes de protection des réfugiés et de sécurité nationale. Le renforcement des systèmes nationaux d’asile, l'amélioration de l'accès à la documentation et l’inclusion progressive des réfugiés dans les systèmes nationaux d'éducation, de santé et de protection sociale sont entre autres des débuts de réponses aux défis posés par le déplacement forcé des populations.Les ministres, aux termes de leur rencontre, ont réaffirmé leur volonté d'accélérer la mise en œuvre de la Stratégie sous-régionale de protection et de solutions 2026-2030 en développant davantage l'accès aux services essentiels, l'emploi, l'entrepreneuriat et la formation professionnelle. Une attention particulière sera portée à l'autonomisation économique des réfugiés et des communautés d'accueil, considérée comme un facteur de stabilité, de cohésion sociale et de développement local durable. Des actions qui,Au-delà de la protection, permettront aux populations déplacées de devenir des acteurs à part entière du développement, contribuant à la paix, à la croissance économique et à la prospérité de nos société,s’est réjoui le Colonel Awate Hodabalo, Ministre d’Administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières du Togo. Le Dialogue de Lomé s’est enrichi également de la signature d’accords tripartites entre le Burkina Faso, représenté par la ministre déléguée aux Affaires étrangères, Stella Eldine Kabre, le HCR cosignataire, représenté par Abdou Raouf Gnon-Konde, Directeur régional pour l’Afrique de l’ouest et du Centre, les pays d'asile, notamment le Bénin, le Ghana et le Togo visant à établir le cadre nécessaire à la préparation du retour volontaire, sûr, digne et durable des réfugiés burkinabè lorsque les conditions le permettront. Une session technique a préparé les décisions ministériellesLa réunion ministérielle a été précédée les 9 et 10 septembre par une session technique qui a réuni des experts gouvernementaux, représentants du HCR, du système des Nations Unies et des partenaires techniques. Cette session a permis d'évaluer la mise en œuvre des engagements pris en 2025 et d'identifier les priorités pour les prochaines années. En ouverture de cette session, le Directeur régional adjoint du HCR, Andrew Willye, a insisté sur la nécessité depasser désormais des engagements et des cadres de coopération aux résultats tangibles pour les réfugiés et les communautés d'accueil. Les échanges ont ainsi porté sur le renforcement des systèmes d'asile, l'inclusion socio-économique, la mobilisation de ressources pour les territoires frontaliers et la recherche de solutions durables aux déplacements forcés. La deuxième réunion ministérielle du Dialogue de Lomé confirme l'émergence d'une dynamique régionale fondée sur le partage des responsabilités et la solidarité. Portée par les États concernés et soutenue par le HCR et les Nations Unies, cette initiative entend faire de la protection des réfugiés un levier de stabilité et de développement pour l'ensemble de l'espace reliant le Sahel au Golfe de Guinée.