Les Nations Unies et le multilatéralisme au cœur des échanges du Club diplomatique de Lomé
À l’occasion des 80ans de l’ONU, le Club Diplomatique de Lomé, a tenu ce 6 novembre une rencontre de haut niveau sur le multilatéralisme et l’atteinte des ODD.
« Les Nations Unies, 80 ans après : renouveler le multilatéralisme et tenir les promesses des Objectifs de Développement Durable (ODD) », c’est le thème qui était au menu des échanges de la rencontre du Club diplomatique de Lomé tenue ce 6 novembre 2025. Organisée en partenariat par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’extérieur et le système des Nations Unies au Togo, la rencontre a réuni plus d’une centaine de participants entre autres des ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques et consulaires accrédités auprès du pays, des chefs d’Agences des Nations Unies, des représentants d’organisations internationales, des responsables d’institutions nationales, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Conçu pour servir de cadre d’échanges périodique entre ces différents acteurs, le Club Diplomatique de Lomé a offert à cette occasion, une tribune de dialogue sur les enjeux mondiaux touchant au multilatéralisme, à la coopération internationale et au développement durable.
Dans un contexte mondial marqué par des crises multiples, des conflits persistants, des inégalités croissantes, le changement climatique et la fragmentation géopolitique, le message du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, à l’occasion du 80ème anniversaire de la Charte des Nations Unies a été projeté en ouverture de la rencontre pour contextualiser les échanges. Dans cette intervention, le Président du Conseil réaffirme l’attachement du Togo aux principes fondateurs de l’ONU et appelle à un multilatéralisme réinventé, capable de répondre aux défis contemporains.
Dans son intervention, Coumba Sow, Coordinatrice Résidente des Nations Unies au Togo, et communicatrice principale, a invité les représentants de tous les Etats du monde à capitaliser sur les acquis des Nations Unies au cours des dernières années et à renouveler le multilatéralisme pour l'adapter à la géopolitique contemporaine. « L’ONU ne doit pas seulement être une enceinte de discussions. Elle doit être un accélérateur de solutions. Et nous en avons la capacité », a-t-elle affirmé.
L’ONU, garante de la stabilité se réforme pour s’adapter aux réalités actuelles et futures
En rappelant les conditions de la création de l’ONU et ses missions principales qui étaient de « préserver les générations futures du fléau de la guerre, promouvoir les droits humains, et établir un ordre international basé sur des règles communes », la Coordinatrice résidente a rappelé que les Nations Unies ont réussi cette première mission, en témoignent ses grandes réalisations au cours des années. En plus d’avoir contribué à résoudre des conflits meurtriers dans le monde et en Afrique,
L’Organisation fournit chaque année une aide alimentaire et humanitaire à plus de 150 millions de personnes, soutient les Etats dans la protection des réfugiés et des migrants. Elle fournit des vaccins à 45 % des enfants du monde, soutient les élections dans des dizaines de pays et reste le pilier du droit international avec plus de 80 conventions et traités adoptés,
a indiqué Mme Sow.
Evoquant les réformes en cours, notamment le Pacte pour l’avenir, adopté en 2024, qui propose une refonte du Conseil de sécurité, une gouvernance plus équitable, et une meilleure intégration des jeunes, des femmes et des pays du Sud dans les processus décisionnels, la coordinatrice résidente de l’ONU au Togo a précisé que
Réformer ne signifie pas renoncer. Cela veut dire adapter l’ONU à un monde nouveau, sans perdre l’essence de sa mission.
Le Togo au cœur du multilatéralisme
Dans les échanges, Mme Sow a également salué l’engagement du Togo au sein des Nations unies en rappelant que le pays est membre de l’ONU depuis 65 ans et que la première agence onusienne (OMS) y a ouvert ses portes dès 1961.
Une coopération historique entre les agences onusiennes et les autorités togolaises qui a permis des progrès considérables comme l’indique l’Indice de Développement Humain du Togo qui s’élève à 0,571 ; le taux net de scolarisation établit à 97,8 %, le taux de vaccination des enfants à 87 % et l’accès à l’énergie qui est passé de 50 % à près de 70 % en cinq ans.
A l’endroit de ses collègues diplomates, Mme Coumba D Sow a lancé un appel : « Vous êtes les architectes de la confiance, les médiateurs des divergences, les passeurs de compromis » les appelant ainsi à traduire les valeurs universelles en engagements concrets et à
Faire de l’ONU non seulement une enceinte de dialogue, mais un accélérateur de solutions face aux défis mondiaux : climat, santé, gouvernance numérique, justice internationale.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Professeur Robert Dussey a salué l’engagement des Nations Unies qu’il a qualifié de pilier de la paix et du développement.
Le Togo, fidèle à sa tradition diplomatique, continuera de soutenir les efforts de réforme pour un multilatéralisme plus juste et plus efficace
a affirmé M. Dussey. Il a également insisté sur le caractère global des Nations Unies en soulignant que les limites de l’ONU aujourd’hui
… ne sont pas liées au système des Nations Unies, mais relèvent de la responsabilité aussi de chacun de nos Etats membre au sein de l’Organisation.